AAArfhdhdhdh

    Chère lectrice, cher lecteur,

    Seul le bizarre survit.

    Retenez cette phrase.

    Écrivez-la quelque part, ou mieux : faites-vous la tatouer.

    Là, ce sera vraiment bizarre.

    Et vous aurez compris la leçon.

    Car Seul le bizarre survit, c’est là leçon business du jour.

    On ne retient que le bizarre

    Par “bizarre”, je veux dire “qui sort de l’ordinaire”.

    Pas forcément absurde, pas forcément choquant.

    Juste inhabituel.

    Ce qui est inhabituel, par définition, se produit moins souvent que ce qui est habituel.

    On va dire que l’inhabituel se produit 5% du temps. Les 95% qui restent, la vie suit son cours normal.

    Et pourtant… 

    On ne fait QUE parler de l’inhabituel. 

    Les histoires qu’on retient. Les histoires qu’on raconte.

    Elles ne sont JAMAIS normales.

    On n’appelle pas ses amis pour leur raconter une journée de travail ordinaire.

    On les appelle pour dire qu’on a croisé, à la faveur d’un saisissant hasard, cet ami commun qui avait disparu 10 ans plus tôt.

    On les appelle pour dire qu’on se marie.

    Et même si l’on voulait raconter l’habituel…

    On échouerait.

    Ou plutôt : si l’on voulait raconter l’habituel, de façon habituelle… 

    On nous oublierait aussitôt.

    Et donc, on échouerait à se faire une place dans la mémoire collective.

    Prenez Flaubert, qui voulait faire avec “un roman sur rien” avec Mme Bovary.

    Il a parlé de sujets ordinaires, petits, médiocres…

    Mais avec un tel panache que Mme Bovary est tout sauf un roman sur rien. 

    C’est une démonstration de style, où l’inhabituel ne loge pas dans l’histoire mais la façon de la raconter. 

    Flaubert était donc condamné à échouer, dans le sens où si son roman n’avait vraiment rien eu de notable, il se serait vendu à 3 copies avant de disparaître. 

    On retient Mme Bovary parce que c’est bizarre de vouloir raconter le rien, et brillant de le faire avec un style pareil. 

    Cet exemple nous donne une première leçon : 

    Si vous voulez qu’on parle de vous, il faut que vous fassiez quelque chose qui mérite qu’on en parle

    La transmission, orale comme écrite, consomme du temps et des ressources.

    Voilà pourquoi aux origines de l’humanité, on ne se transmettait que les histoires les plus importantes (mythes fondateurs, lois éternelles), d’abord à l’oral, ce qui supposait d’y consacrer du temps et de la mémoire…

    Puis à l’écrit, ce qui impliquait une transformation physique du monde pour créer un support sur lequel inscrire son histoire. 

    Tablettes d’argile, papyrus, parois ou stèles… 

    Avant les machines et l’imprimerie, transmettre des histoires par écrit était une entreprise aussi pénible que coûteuse.

    Je sais : aujourd’hui, tous ces problèmes sont résolus.

    N’importe quel clampin peut étaler son vide sur les réseaux sociaux sans verser un centime. 

    Pourtant, ici encore on rencontre un goulot d’étranglement qui ne permet pas à l’habituel de prendre dans les histoires une place proportionnelle à celle qu’il prend dans nos vies. 

    Ce goulot d’étranglement, c’est l’attention.

    Nous traversons une Guerre de l’Attention, dont je parle régulièrement si vous lisez mes mails. 

    Ce que j’entends par là, c’est qu’il est toujours plus difficile de capter l’attention des gens, et ce pour une raison simple : 

    • L’offre de contenu a explosé au-delà de toute mesure ces vingt dernières années, 

    • Pourtant, une journée dure toujours 24 heures, donc les gens doivent faire des choix.

    En clair : on a amélioré les moyens de communication, au point que la planète est maintenant interconnectée.

    Tout le monde peut tout voir. Et il n’y a jamais autant eu à voir. 

    La production de contenu augmente à un rythme insoutenable - même les data centers et la production d’électricité peinent à suivre. 

    Mais la population mondiale, et son espérance de vie, n’augmentent pas au même rythme que la production de contenu.

    Il y a donc de plus en plus de contenus qui ne seront jamais vus, car il n’y a pas assez de gens, et ils n’ont pas assez de temps pour tout voir.

    Donc il doivent faire des choix.

    Et ces choix, qui répondent à une variété de critères changeants, respectent malgré tout une loi d’airain, qui est si importante que j’en ai fait l’objet de mon mail : 

    Seul le bizarre survit. 

    Première conclusion pratique : “Weirdest takes it all”

    C’est vrai aussi dans votre vie privée. 

    Si vous avez de temps en temps un comportement qui sort de l’ordinaire, c’est celui que vos amis retiendront le plus, et qui façonnera non seulement l’image qu’ils ont de vous…

    Mais aussi ce qu’ils diront de vous à vos obsèques (ou à votre mariage, pas la peine d’être si dramatique). 

    • De temps en temps, payez pour toute votre tablée d’amis au restaurant. Sur le moment on essaiera de vous en dissuader, mais les gens s’en rappelleront, et apprécieront.

    • Faites-en “un peu trop”, une fois de temps en temps. Par exemple, offrez ce cadeau hors-de-prix à votre copine même si vous n’avez pas les moyens, juste pour lui créer un souvenir dingue… ou bien faites plusieurs heures de route pour assister à l’anniversaire d’un ami qui ne pensait pas que vous viendriez parce que “c’est trop loin”.

    • Dites vraiment ce que vous pensez à un supérieur qui vous demande votre avis sans s’attendre à ce que vous soyez brutalement honnête. Vous vous exposez peut-être à des tensions, mais vous ne pouvez pas perdre : soit on vous saluera pour votre honnêteté, soit vous apprendrez que votre interlocuteur n’a pas vraiment envie d’avoir votre avis, juste une validation sociale - et ça en dit beaucoup sur lui.

    • Si vous cherchez un emploi et que vous êtes 300 à postuler, vous savez que votre CV ne va pas miraculeusement se détacher de la pile : il n’y a que des bons candidats… alors vous pouvez faire l’extra mile d’écrire directement au recruteur, de vous arranger pour le croiser “par hasard” - pas en bas de chez lui, ne soyez pas flippant - ou bien de lui présenter directement une étude de cas ou une réflexion sur le business avec votre candidature, pour sortir du lot. 

    À travers ces exemples, on dégage une règle de fonctionnement de la vie qui est intéressante :

    Être “bizarre” a un coût social immédiat, mais vous apporte du positif sur le long terme.

    Vos amis apprécient que vous ayez offert le repas à tout le monde - et on reparlera de votre générosité.

    Votre ami sera surpris que vous ayez passé autant de temps pour venir à sa fête - et il vous sera redevable et fidèle pour longtemps. Votre copine repensera à ce cadeau encore et encore. 

    Votre patron sera choqué que vous ayez osé lui dire ce qui ne va pas - et soit il vous récompensera pour votre honnêteté et votre participation constructive, soit il révèlera ses insécurités… ce qui vous donnera une information utile pour la suite.

    Le recruteur sera étonné de la démarche, et se dira que vous méritez bien un entretien, même si votre CV a quelques trous dans la raquette - ne serait-ce que pour sa curiosité personnelle de rencontrer quelqu’un qui n’a pas suivi le courant, et qui lui fait imaginer un “Et si… ?” à votre sujet.

    Aux États-Unis, on entend parfois l’expression “Winner takes it all” pour parler du système électoral : quand un candidat à la présidentielle remporte la majorité dans un État, même à un cheveu, il obtient tous les votes des grands électeurs de cet État. Pas de proportionnelle.

    Je vous propose d’ajuster cette expression à notre exposé du jour : “Weirdest takes it all”, qu’on pourrait traduire par “Le plus étrange rafle la mise”.

    Car comme on l’a vu, ce n’est que des comportements les plus déroutants qu’on parle.

    L’ordinaire, on n’en parle pas. Par définition, on connaît.

    Et si c’est vrai sur le plan des histoires qu’on retient, qu’on raconte, et de la façon dont on peut exister dans la tête des gens…

    C’est vrai aussi dans la vie concrète et dans la façon dont nous prenons des décisions.

    Pourquoi les gens lisent des biographies de PDG

    Pendant longtemps, ça m’a échappé.

    Pourquoi mon cousin Dorian, conseiller client chez Free, lisait la biographie d’Elon Musk comme si c’était le Nouveau Testament. 

    Il n’était pas tout seul : on ne compte plus les admirateurs de Musk dans les écoles d’ingénieur, ni ceux de Jobs en école de commerce.

    Pourtant, durant de longues années, ça n’avait selon moi que très peu d’intérêt. 

    Déjà car ils sont nos contemporains, et donc il n’y a pas de recul historique sur l’empreinte qu’ils laisseront au monde.

    Et puis, au-delà de ça… Ils n’ont rien de surnaturel. 

    Leur réussite est un mélange d’intelligence brute, de force de travail et de circonstances favorables. 

    Le fameux mix “Travail-Talent-Chance” qu’on retrouve partout. 

    J’ai fini par en lire quelques-unes, par acquit de conscience…

    Et j’ai enfin vu ce qui m’échappait.

    Dorian et tous les autres lisaient les biographies des grands PDG et stratèges de notre ère pour trouver le shortcut.

    Le hack.

    Ou pour le dire en français : la véritable explication derrière leur réussite - et comment appliquer ce secret à leur propre existence.

    Le véritable facteur de succès à très haut niveau

    À l’aune de ces biographies que j’ai fini par lire en nombre conséquent, j’en suis arrivé à la conclusion suivante : 

    L’intelligence, le travail et la chance ne suffisent pas.

    Ou plutôt : ils suffisent à sortir la tête de l’eau.

    Mais pour une réussite vraiment éclatante, il en faut plus.

    Et c’est là que deux routes se dessinent : 

    Soit le machiavélisme, c’est-à-dire façonner sa carrière à coups de manipulations, de trahisons, de coups bas voire de cruauté… 

    Soit la bizarrerie, c’est-à-dire faire des choix inhabituels (donc inconfortables) qui entraînent des situations inhabituelles. Ce qu’on appelle aussi parfois “provoquer le destin”. 

    Et puisque je ne suis pas là pour vous apprendre à trahir vos collègues, j’ai choisi de partager, en conclusion de ce message, quelques bizarreries glanées çà et là chez certains PDG qui expliquent (en partie) leur succès.

    Elon Musk, toujours lui, est connu pour travailler jusqu’à 120h par semaine, ce qui revient à 17h par jour, week-end compris. À une certaine époque, il dormait même dans ses usines Tesla pour ne pas perdre de temps et rester concentré.

    Steve Jobs, obsédé par les détails les plus infimes, validait absolument tout avant le lancement d’un nouveau produit Apple… y compris le son que faisait le couvercle quand on ouvre la boîte d’un Mac.

    Richard Branson, pour faire parler de Virgin, s’est mis en scène personnellement et en prenant de gros risques. Il a ainsi traversé l’Atlantique, puis le Pacifique en montgolfière, juste pour que les gens s’intéressent à lui et à ses entreprises. 

    Vous commencez à voir le motif récurrent ?

    Musk a une capacité de travail hors-norme. Mais au-delà de ça, il choisit de vivre bizarrement, et de faire ce que 99% des gens n’auraient pas le courage de faire.

    Jobs est un visionnaire comme il en existe un par génération. Mais au-delà de ça, il choisit de tout valider, compulsivement, jusqu’aux bruits que font ses emballages. Qui fait ça ?

    Branson est un chef d’entreprise ultra-audacieux, habitué des paris asymétriques. Mais il pousse encore plus loin que la simple audace, parce qu’il a compris une chose : dans un monde aussi saturé que le nôtre, la performance ou la qualité ne sont que des paramètres parmi d’autres.

    Ce qui compte, c’est l’histoire.

    Et on ne raconte que ce qui sort de l’ordinaire.

    Seul le bizarre survit.

    Amicalement,

    Sam

    Kaïros Formations

    PS : Vous vous demandez comment appliquer ces idées à votre business, et trouver la “bizarrerie” qui vous fera exploser ?

    J’y réponds dans une formation unique, que j’ai sobrement nommée Comment devenir un Gourou sur Internet ?

    Découvrez-la ici.

    PPS : Le titre de mon article, AAArfhdhdhdh, est une illustration un peu bas de plafond de ce concept. Mais vous avez cliqué…


    À Lire :

    Dossier cadeau

    Les 3 biais cognitifs indispensables pour doper vos ventes

    Je vous révèle 3 biais cognitifs ultra puissants et ma méthode pour les utiliser et activer le bouton ON/OFF dans le cerveau de vos prospects.

    Inscrivez-vous à ma newsletter pour recevoir en cadeau mon guide "Les 3 biais cognitifs pour doper vos ventes" :

    En recevant ce guide gratuit, vous serez également inscrit à ma newsletter Kairos Formations où je dispense mes meilleurs conseils de copywriting, marketing en ligne et stratégies d’influence. C’est gratuit et ça le restera toujours.

    0 comments

    Rejoindreor login to leave a comment