Pourquoi la “Longue Traîne” doit vous OBSÉDER

    Chère lectrice, cher lecteur,

    Vous savez à quoi on reconnaît un bon marchand d’art

    Non, ça n’est pas celui qui repère les futurs Picasso…

    Au contraire.

    C’est celui qui a l’intelligence de savoir qu’il ne saura pas repérer le futur Picasso.

    Celui qui achète plein de tableaux, de plein de peintres, en se disant qu’il y a sans doute un futur Picasso dans le lot.

    Un bon marchand d’art, c’est celui qui achète des œuvres d’art en masse, pour pas cher, et qui attend que les vainqueurs se détachent. 

    Bien sûr, la majorité des œuvres ne prendront aucune valeur. Certaines en perdront même. 

    Mais une poignée d’entre elles deviendront très chères… 

    Et l’évolution de leur prix compensera toutes les œuvres dont le prix n’a pas grimpé, voire a diminué. 

    Au bout d’un certain temps, la performance globale du “portefeuille” d'œuvres d’art rejoint la performance de ses meilleurs éléments, car ils écrasent tout le reste.

    C’est ce qu’on appelle la longue traîne.

    La longue traîne, c’est l’idée que la majorité des effets est produite par une toute petite partie des causes. 

    (Attention : ça n’est pas la loi de Pareto, ou loi du 80/20, mais ça y ressemble.)

    En clair : Une équipe de foot, c’est 11 joueurs. Pourtant, c’est souvent le même qui met les buts. 

    Ouvrez les yeux : la longue traîne est partout

    Maintenant que vous connaissez la longue traîne, vous allez la voir partout.

    Et c’est vrai : elle est partout. 

    Pensez aux chanteurs des années 80.

    Beaucoup sont connus grâce à UNE chanson qui a cartonné, alors qu’ils en ont composé des centaines.

    Patrick Hernandez, par exemple, toucherait plus de 800€ par JOUR en droits d’auteur pour la chanson Born to be alive (vous la connaissez forcément). 

    Pourtant, des singles, il en a sorti des dizaines…

    Mais personne ne connaît ses autres chansons. Il n’y a que Born to be alive qui compte.

    C’est cette chanson qui l’a rendu riche, pas l’accumulation de chansons. Il n’a pas touché “un peu pareil” à chaque album. 

    Ici, on observe le même phénomène qu’avec nos marchands d’art : Patrick a sorti plein de chansons, une seule est devenue culte, mais c’est à elle qu’il doit 99,9% de sa fortune, tant les autres ont peu rapporté en comparaison. 

    La longue traîne, c’est l’ADN de notre business

    Si je vous parle de ça, c’est parce que la longue traîne est un concept fondamental pour les entrepreneurs. 

    Si vous intégrez son fonctionnement, vous deviendrez inarrêtable.

    Et ne croyez pas qu’il s’agisse d’un concept réservé aux “petits” business. 

    La longue traîne, c’est ce qui a fait le succès de Disney.

    Dans les années 30, la société Disney existe depuis une décennie, a produit plus de 400 films et fait plusieurs fois faillite. 

    L’existence même de l’entreprise est menacée…

    Jusqu’en 1937, quand sort Blanche-Neige et les 7 Nains.

    L’événement de traîne par excellence.

    Le film est un succès fracassant grâce auquel Disney éponge ses dettes et commence son ascension fulgurante.

    Dans les années qui suivent sortiront d’autres classiques comme Pinocchio et Fantasia (1940), Dumbo (1941), Bambi (1942)...

    Tout ça grâce à UN film au succès miraculeux, après 400 échecs.

    Vous n’avez pas besoin d’avoir raison tout le temps

    Quand on observe bien le milieu entrepreneurial, on comprend que TOUT tient à des événements de traîne.

    Il suffit d’avoir raison UNE fois, une bonne fois, pour compenser 99 erreurs.

    Même dans les milieux les plus compétitifs, comme le capital-risque, la longue traîne fait sa loi.

    Une des meilleures entreprises de capital-risque au monde, Correlation Ventures, compte 66% d’investissements perdants sur les 10 dernières années.

    On parle de 14 000 investissements perdants sur un total de 21 000…

    Pas terrible pour des génies de la finance.

    Seulement, les paris gagnants, eux, effacent le poids des échecs.

    Ainsi, 4% des 21 000 investissements (soit 840 investissements) ont fait x10 et plus. 

    De quoi compenser une grosse partie des pertes, avec seulement 4% des mises.

    Au bout du compte, Correlation Ventures est une entreprise richissime, alors même qu’elle a tort 66% du temps… soit 2 fois sur 3.

    C’est la leçon principale de ce message: 

    Vous n’avez pas besoin d’avoir raison tout le temps. 

    Vous avez juste besoin que vos erreurs coûtent moins que ce que vos succès rapportent. 

    Si un seul succès compense 50 erreurs, alors vous avez le droit d’en faire 49, et vous resterez rentable.

    Pourtant, vous n’aurez eu raison que 2% du temps. 

    La longue traîne, ça se provoque

    Il y a plusieurs morales à cette histoire de longue traîne.

    La première, c’est que vous ne savez pas ce qui va marcher. 

    Disney ne savait pas pour Blanche-Neige, Patrick Hernandez ne savait pas pour Born to be alive.

    En revanche, leur point commun, ça a été l’itération. Il y a eu des centaines de films avant Blanche-Neige, des dizaines de chansons avant Born to be alive. 

    La seconde, c’est qu’il ne faut pas penser en termes de ratio succès/échec. 

    Il suffit d’un succès massif pour compenser beaucoup d’échecs. 

    Si vous échouez beaucoup, ça n’est pas forcément mauvais signe - c’est déjà le signe que vous produisez.

    L’important n’est pas d’avoir tout le temps raison, c’est d’avoir suffisamment raison pour vous permettre d’avoir tort le reste du temps.

    La troisième, c’est que vous devez produire et itérer en masse. 

    Puisque 1) vous ne savez pas ce qui va marcher et que 2) vous pouvez échouer massivement tant que ça ne vous empêche pas de continuer, il n’y a qu’une seule conclusion logique : 

    Vous devez produire massivement, itérer (répéter) en permanence, en modifiant un paramètre à la fois, en avançant petit à petit...

    Jusqu’à ce que ça marche.

    Car vous êtes peut-être tout proche du succès.

    Vous n’êtes peut-être qu’à une itération de toucher le gros lot.

    Comme dans ce meme où l’on a envie de crier au mineur d’en bas de mettre un dernier coup de pioche : 

    Churchill disait que “le succès, c'est d'aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme”.

    C’est cet état d’esprit que vous devez avoir. 

    Apprenez à avaler les échecs sans broncher jusqu’à réussir. Et ne craignez pas de prendre de mauvaises décisions.

    Car ce qui importe, ce n'est pas de prendre la bonne ou la mauvaise décision. 

    C’est de savoir combien rapporte la bonne et combien coûte la mauvaise. 

    À bientôt,

    Sam

    Kaïros Formations

    PS : parmi les sources qui ont inspiré ce contenu, il y a The Psychology of Money, de Morgan Housel. Je vous conseille de le lire.

    Donnez-moi vos recommandations de lecture en commentaire !


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