Comment devenir un Gourou sur Internet (Partie 2)
Chère lectrice, cher lecteur,
Dans mon précédent article, je vous ai expliqué que créer un Gourou était une des meilleures stratégies pour gagner la Guerre de l’Attention sur Internet.
Le Gourou est un personnage qui incarne un discours et une vision du monde bien spécifiques, que votre audience partage et valorise.
Il est une figure d’autorité qu’on admire et à laquelle on veut ressembler.
Enfin, il dispense des conseils éclairés et uniques, qui résultent d’une sagesse qu’il est impossible de trouver ailleurs.
C’est ce qui le distingue de l’Influenceur, qui cherche d’abord à divertir et à construire une audience la plus large possible : le Gourou cherche sa tribu, mais il n’adapte pas son discours pour plaire à tout le monde.
Il ne cherche pas à créer un lien superficiel avec tout le monde, mais un lien profond avec un petit nombre de personnes.
C’est cette caractéristique qui le rend vraiment irremplaçable.
Maintenant que nous sommes au clair avec ce qu’est un Gourou, voyons comment le créer.
Concept #1 : La courbe en cloche
Pour créer un Gourou, vous devez connaître le concept de la courbe en cloche, ou courbe de Gauss.
La courbe en cloche illustre la distribution naturelle des choses : la majorité se situe au centre (par exemple, la taille moyenne des gens ou les températures modérées), tandis que les extrêmes sont sur les côtés (très grand/petit, très chaud/froid).
Ce modèle s’applique aussi aux idées.
Les idées centrales sont celles acceptées par tout le monde, tandis que les idées marginales, audacieuses ou controversées se trouvent sur les bords de la courbe.
Le Gourou appartient à cette marge, avec son discours innovant, alternatif et parfois dérangeant.
Il explore les idées d’avant-garde et les points de vue minoritaires.
Dans ma Multinationale du Marketing Direct, on a même forgé un terme pour décrire ce positionnement : Contrarien.
Le discours contrarien est un discours qui va à l’encontre des idées dominantes.
Mais attention : il ne s’agit pas d’aller systématiquement contre ce que pense la majorité.
Il s’agit d’explorer toutes les possibilités délaissées par les médias mainstream, les créateurs de contenu “standard” et les influenceurs.
Le pari du Gourou est le suivant :
Il croit fermement qu’il y a des idées précieuses à dénicher sur les extrémités de la courbe en cloche.
Qu’il s’agisse d’un remède oublié, d’une méthode controversée pour perdre du poids, ou bien d’un investissement encore sous-valorisé, le Gourou cherche là où les autres ne cherchent pas.
Ainsi, il trouvera peut-être la nouvelle “grande idée” qui finira par atterrir au milieu de la courbe car le monde entier s’y intéressera.
Ce positionnement revient à dire “le grand public se trompe, mais un jour, il ouvrira les yeux.”
Et même s’il n’ouvre pas les yeux, même si certaines idées ne deviennent jamais majoritaires…
Elles peuvent quand même valoir la peine d’être connues.
Car certaines idées marginales, certaines solutions sous-côtées, offrent parfois des avantages que les idées et solutions mainstream ne peuvent offrir - ou qui ne conviennent pas à un certain type de personnes.
En explorant les marges, le Gourou prend le risque de se tromper. De parler de choses qui n’arriveront jamais, ou de donner des conseils qui s’avèrent erronés.
C’est pourquoi il doit être transparent avec son audience sur les risques, qui elle, en retour, accepte les erreurs commises de bonne foi.
Car cette audience particulière comprend que l’innovation et le travail à la marge implique des risques… et que les erreurs ponctuelles ne sont pas graves, tant qu’elles sont surcompensées par des réussites.
Et c’est là que le travail à la marge, sur les extrémités de la courbe en cloche, se révèle gratifiant : les réussites surcompensent en général les erreurs, grâce au second concept que je dois vous présenter : la Fat Tail.
Concept #2 : La Fat Tail
Regardez à nouveau la courbe en cloche :
Comme on l’a vu, elle illustre la distribution naturelle des choses : la majorité se situe au centre, tandis que les extrêmes sont sur les côtés.
Le Gourou s’intéresse aux extrêmes, sur les côtés aplatis de la courbe.
Ces extrêmes, ce sont les idées encore marginales… ou les situations qui n’arrivent jamais.
Ainsi, les gourous qu’on trouve dans des secteurs comme l’investissement peuvent s’intéresser à des événements hautement improbables : une crise financière sans précédent, par exemple, ou bien un pic stratosphérique des matières premières qui, jusque-là, stagnent à des prix très bas.
La probabilité que tout s’effondre ou que le prix des matières premières s’envole est faible… très faible.
Mais en réalité, moins faible que ce qu’on s’imagine - et c’est là que la Fat Tail entre en scène.
Les scientifiques ont remarqué que dans pratiquement tous les phénomènes où la distribution des occurrences suit une courbe en cloche, les événements rares (représentés par les extrémités de la courbe) surviennent plus fréquemment que prévu.
Ainsi, les “crues du siècle” arrivent plutôt tous les 88 ans que tous les 100 ans.
C’est ça, la Fat Tail : un biais psychologique et statistique qui nous pousse à sous-estimer les extrêmes, et à surestimer l’ordinaire.
Pourquoi c’est intéressant ? Prenons un exemple concret, toujours dans l’investissement.
Imaginons que les analystes estiment à 1 sur 100 la probabilité que cette année, les grands indices mondiaux perdent plus de 25% - ce qui serait une crise majeure.
Si vous voulez parier sur une baisse aussi radicale, vous pourrez acheter des produits financiers à un prix très abordable, car il y a très peu de monde qui voudrait risquer son argent avec une probabilité de 1 sur 100.
Mais le concept de Fat Tail nous apprend que les événements extrêmes sont toujours sous-estimés, à la fois dans leur fréquence et dans leur intensité…
Ce qui veut dire qu’en réalité, la chance qu’une dégringolade de 25% sur les indices majeurs ait lieu est plutôt de 1 sur 70.
C’est toujours très faible - mais c’est plus probable que ce qu’en disent les analystes et ce que montrent les projections.
Donc si vous achetez un produit financier au prix de “ça a 1% de chance de se réaliser” alors que ça a plutôt 1,4% de chances de se réaliser…
Votre rapport entre le risque encouru et le bénéfice projeté est très avantageux.
Cela ne veut pas dire que vous allez gagner - 1,4% de chance, c’est peu.
Mais ça veut dire que vous avez intérêt à placer une petite partie de votre portefeuille sur cette possibilité, car elle est vendue pour moins cher que sa valeur réelle, puisqu’on sous-estime sa probabilité.
Et dans le cas où vous auriez raison… La récompense serait démesurément plus élevée que ce pour quoi vous avez payé.
Le rôle du Gourou, c’est de raconter ce que personne d’autre ne veut raconter
Ainsi, le Gourou se distingue des autres créateurs de contenu par son positionnement contrarien :
Il se place aux extrémités de la courbe en cloche, et parle d’idées qui ne sont pas encore communément admises.
Elles sont controversées, sulfureuses, discutables, voire complotistes…
Mais il y a un plus large public pour ces idées que les statisticiens ne l’imaginent (ici aussi, on a affaire à une Fat Tail).
Et comme personne ne se doute qu’il y a autant de public, le Gourou a très peu de concurents.
Le Gourou a le rôle d’explorer les anomalies et les alternatives au discours dominant, quitte à parfois se tromper. Mais le pacte avec son audience est que les erreurs sont admises, si elles sont commises de bonne foi et qu’elles sont surcompensées par les succès.
Or, grâce au phénomène des Fat Tails, le Gourou a des chances de succès plus élevées que ce qu’on imagine, car contrairement aux médias mainstream, il ne sous-estime pas l’extraordinaire.
Au contraire : toute la mission du Gourou, c’est de parler de l’extraordinaire.
D’être le seul à dire “blanc” quand tout le monde dit “noir”, car la probabilité que ce soit “blanc” est de toute façon plus élevée que ce à quoi on s’attend.
Son cœur de métier, c’est la rupture dans la normalité.
Les histoires qu’on n’entend pas ailleurs.
Et la sagesse non-conventionnelle.
Que vendent les gourous ?
Le Gourou vous parle de ce dont vous n’entendez pas parler ailleurs.
Donc, en toute logique, il vous vend des informations controversées ou des produits méconnus…
Par exemple, des idées d’investissement très agressives sur des technologies tout juste émergentes, telles que l’informatique quantique.
C’est risqué, mais ça peut payer massivement. High risk, high reward.
Sur une marché complètement différent, on trouve des gourous qui recommandent un régime 100% carnivore (ou sa version “allégée”, le régime Meat & Fruit), à une époque où l’on diabolise la viande rouge à la fois pour des raisons de santé et d’environnement.
Et pour l’informatique quantique comme pour le régime carnivore…
Ce ne sont pas juste des lubies contrariennes.
Il y a des études très sérieuses qui valident l’intérêt d’un régime carnivore, renversant tout ce qu’on pensait connaître sur l’impact des légumes sur l’organisme.
De la même façon, l’idée d’un essor massif de l’informatique quantique d’ici 10 ou 15 ans est partagée par la majorité des grands noms de la Tech. Ici, l’incertitude se trouve plutôt autour des actions à acheter dans cet écosystème encore balbutiant.
Dans un cas comme dans l’autre, ces informations ne sont pas diffusées par des créateurs ou des médias “classiques”.
C’est le boulot du Gourou.
Et il y a des tombereaux de cash à se faire dans ce métier.
Amicalement,
Sam
Kaïros Formations
PS : si vous voulez devenir un Gourou, vous devez absolument être capable de créer des contenus qui vont captiver votre audience… Je vous apprends comment faire ici.
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